Fallait pas l'inviter
Pendant l'affaire DSK, d'aucun commentait avec admiration l'indéfectible soutien de l'ex-journaliste à son libertin de mari. C'était beau et grand comme du Corneille mais ma lecture de l'évènement fut bien plus proche de Molière.
Qu'une épouse soutienne son époux, ma foi il n'y a rien là de bien extraordinaire : c'est ce qu'on attend d'elle généralement et même dans notre société moderne, ce rôle nous reste dévolu. Plus que jamais semble-t-il.
Sans entrer dans la vie de moins en moins privée du couple, il n'en reste pas moins que nous avons suivi pendant des semaines les affres d'une épouse qui au nom de ce qu'on voudra, l'amour,les valeurs ancestrales voire quelque ambition pour les jours moins sombres, accepte avec une abnégation incroyable un déballage assez crapoteux des frasques de son volage mari et croire qu'elle en ignorait tout alors que le microcosme médiatico-politique en bruissait de longue date ferait insulte à l'intellignece de l'ex-journaliste.
Oh bien sût... elle fut digne, fidèle et solide dans la tourmente, visage fermé et porte-feuille ouvert pendant la tempête juridique.
Mais quelle conception archaïque de l'épouse !
Accepter de petits coups de canifs dans le contrat est une chose, mais accepter de porter des cornes à ne plus passer sous l'Arc de Triomphe, ça non, ce n'est pas le rôle d'une femme ! Dans ma vie sentimentale, ceux qui me furent infidèles doivent s'en souvenir encore !
Cocue, passe (et encore!) mais con... ça... jamais !
Je ne crois pas à la fidélité éternelle, mais vivre avec un mec qui a la braguette fragile et saute sur tout ce qui bouge est à mes yeux inacceptable. Nous n'avons pas vocation à tout subir, nous n'avons pas vocation à être les mater dolorosa de l'infidélité récidiviste.
C'est à mes yeux une conception totalement ringarde du rôle de l'épouse !
Ainsi donc aujourd'hui pour devenir femme de l'année il "suffit" de subir au niveau international l'humiliation de la cocue magnifique ? Etre la Cocue consentante de la décennie serait admirable ?
Et si cela ne reflétait rien d'autre qu'un retour à un ordre moral où la femme ferme et sa gueule et ses yeux ?
A chaque civilisation sa burqua...