Fallait pas l'inviter
350.000 pour certains, 370.000 pour d'autres, c'est le chiffre des emplois qui ont disparu dans l'industrie depuis 5 ans. La France industrielle a eu existé, elle est aujourdhui exangue.
Mais le nouvel "homme du peuple" est là qui pourfend aujourd'hui la politique du président sortant, celui qu'on a si injustement appelé "le président des riches". Le candidat "réussit" là où le président a échoué.
La rupture en fait.
Je ne peux que me réjouir si les ouvriers de Photwatt ou d'Arcelor Florange gardent leurs emplois, mais comme le disait Chirac, "les promesses n'engagent que ceux qui y croient". Et question promesses, le président-candidat n'est pas un avare.
Petit tour d'horizon des miracles de campagne.
Lejaby délocalise. Montebourg et Wauquiez sont au chevet des ouvrières d'Yssingeaux en lutte. (Tiens... mais où est passé le ministre de l'Industrie, le brillant Eric Besson ?) Le ministre de l'enseignement supérieur, élu local, qui sait garder la tête sous le bonnet (de soutien-gorge) en fait des tonnes pour annoncer la reprise par un fournisseur de Louis Vuitton, du groupe LVMH de Bernard Arnault, ami très peuple du candidat-président.
Photowatt, acculé au dépôt de bilan annonce sa fermeture. Mais super candidat-président arrive le 14 février avec la promesse de reprise par une filiale d'EDF (oubliant un peu au passage que le tribunal de commerce devait se prononcer sur les candidatures de reprise). Proglio, encore un homme peuple, à ses côtés ne peut pas refuser grand'chose à l'homme qui fit tant pour lui.
Petroplus. Là encore, Sarkozy se pose en sauveur du site, annonçant que suite à un accord avec Shell l'activité du site est préservée pour 6 mois et que l'état est prêt à investir pour le sauvetage du site. "Il y a des clauses de performances, que vous remplirez parfaitement" : curieusement cette petite phrase semble n'avoir nullement intéressé les journalistes mais elle pose question quand le démentèlement du Code du Travail est à la mode. Mais que deviendront les ouvriers de Petroplus, après 6 mois, quand le nouveau président, quel qu'il soit, aura posé ses miches dans le fauteuil présidentiel ?
Arcelor Mittal Florange... ou la ronde des promesses non tenues.
En janvier 2006 après l'OPA dugroupe Mittal sur Arcelor, Lakshml Mittal fait la promesse solennelle "que personne ne sera licencié à cause de cette fusion". Deux ans plus tard, le site de Gandrange est menacé et le président Sarkozy fait ce qu'il fait le mieux : promettre. On connait la suite. Les promesses auront duré le temps de fermer le site.
Mais aujourd'hui on ne rigole plus ! C'est une réelection qui est en jeu et Sarkozy qui ne veut pas que "Florange meurt", annonce que l'état serait prêt à investir 150 millions d'euros dans le cadre du plan européen Ulcos (Ultra Low CO2 Steelmaking - Blast Furnace). C'est beau, c'est grand, ça montre que le candidat du peuple-qui-se-lève tôt n'hésite pas à retrousser les manches pour sauver les emplois à Florange.
Sauf que cette promesse n'a rien de nouveau car elle a déjà été faite en... octobre 2011 et qu'elle est directement liée à la décision que la commission européenne devrait prendre à la moitié de cette année, donc après les élections où la pêche aux voix sera fermée et où les reniements sont à prévoir.
Mais qu'on se rassure, la droite n'a pas le monopole des promesses non tenues et dans le défilé des candidats au chevet de l'industrie, le candidat Hollande devrait se rappeler Longwy où, le 13/10/2001, le nouveau président de la république François Mitterrand annonçait la "reconstruction de l'économie" aux sidérurgistes menacés. En juin 1982, le plan Mauroy laissera 12.000 d'entre aux sur le carreau.
Allez les prolos ! Sortez vos bleus du pressing, la ronde des candidats n'est pas finie et il sera toujours temps de les ranger définitivement après le 2ème tour !