Fallait pas l'inviter
De toutes les "premères dames" de France qu'il me fut donné de connaître, de Yvonne de Gaulle à Carla Bruni-Sarkozy, c'est la seule qui incarnait une certaine idée de la France et de ses femmes aux yeux du monde.
Résolument moderne, elle a toujours revendiqué et appliqué sa liberté d'agir et de penser, sans s'embarrasser du protocole. Moderne aussi cette vision de son couple, indestructible même dans l'infidélité.
Je ne peux m'empêcher d'admirer en elle une force de convictions qui ne s'est jamais démentie depuis la Résistance, même si parfois ses choix pouvaient porter à polémiques. Qui a oublié la visite de Fidel Castro et cette chaleureuse embrassade, embrassade qui fit glappir la droite, bien silencieuse lors des visites de Kahdafin Moubarak, Bachar el Assad et autres grands défenseurs de la démocratie et des droits de l'homme ?
Elle incarnait aussi la simplicité, bien loin des exigences féodales d'une Bernadette Chodron de Courcel-Chirac, première dame patronesse de France et bien loin des minauderies du mannequin sursurant qui pouponne actuellement à l'Elysée.
Puisqu'on en parle...
En 2007 notre grand président prit une décision qui en dit long sur le fonctionnement du bonhomme : la suspension de la subvention allouée à la fondation créée par Danielle Mitterrand; France Libertés. Son prédécesseur avait quant à lui reconnu l'utilité et la portée de la Fondation à l'international et maintenu la subvention. Comme quoi les talonnettes n'influent pas sur l'élévation d'esprit.
L'Elysée se distingue encore en cette triste circonstance par le biais du communiqué faisant suite au décès de Danielle Mitterrand provoquant, malgré les circonstances, une poilade générale dans les nations francophones, de la Suisse au Canada. Sa première mouture mise en ligne hier était truffée de fautes impardonnables à un tel niveau. Le tir a été rectifié mais trop tard, la version corrigée par l'Expresse ayant fait le tour de la toile.
Je ne résiste pas au plaisir mesquin de vous la soumettre :
(cliquer pour agrandir)
Avec son sens de l'humour, Tatie Danielle en aurait ri (peut-être)
Avec elle s'éteind une vison propre et honnête de la politique, ainsi qu'une vision du monde plus humaine qu'aujourd'hui. La gauche socialiste a perdu une voix et un coeur.
Et nous, une première dame de Coeur.
A voir : L'hommage du mardi 22/11/2011 France 5 C dans l'air.