Fallait pas l'inviter
Tout d'abord, penchons-nous, mais pas trop, sur l'origine du mot con.
Il provient du latin cunnus (vulve). Le con, donc désigne le sexe des femmes. Au Moyen-Âge ses diminutifs, connil et connin désignaient le lapin ainsi que des... tuyaux. Si ce vocable avait déjà une connotation vulgaire au XIIème siècle, ce fut au XIXème siècle qu'il prit sa forme adjective. (Source Wikipédia)
Point n'est besoin d'en savoir davantage, mais connaître le sens originel du mot permettra ainsi de comprendre certaines blagounettes que je me ferai un plaisir de vous narrer un jour.
Mais fi des digressions !
J'en reviens au con, dans son acceptation actuelle et je tiens à préciser que le mot con sera ici utilisé au sens générique du terme, sans considération du sexe... si j'ose dire.
Je le dit haut et fort : que la vie serait triste et morne sans les cons ! Plus paisible aussi, certes, mais ô combien monotone.
Car en vérité je vous le dis mes biens chers frères, mes bien chères sœurs, le con est utile, voire nécessaire. Il est certes des cons dont on se passerait volontiers et qui font regretter que les moyens contraceptifs n'aient pas été développés plus tôt. Mais vous verrez que même le pire des cons trouve son utilité dans ce monde.
Il y a plusieurs façons de voir le con. D'ailleurs il suffit de voir le nombre de déclinaisons dans l'utilisation de ce mot.
"Ah !... le con !" ou "Ah! merde ! le con" : s'utilise généralement sur un mode admiratif, devant un exploit insensé ou inattendu, voire incongru. Pour un bref instant le con devient héroïque quand bien même son exploit sera placé sous le signe de la crétinerie la plus éclatante.
"Putain ! le con!" peut parfois revêtir cette connotation admirative. Mais cette locution peut aussi exprimer une grande exaspération, voire de la colère.
Et oui, car tout comme les dames patronnesses ont "leurs" pauvres, nous avons "nos" cons. Ceux-là on les aime bien. Ils ont ce quelque chose de naïf qui les rattache encore à l'enfance maladroite, cette gentillesse presque trop suspecte à force d'être vraie qui nous les rend attachants. "Trop bon, trop con!", hé oui comme si un excès de gentillesse était apparenté à la bêtise.
Il y a aussi le con qui nous amuse, inconsciemment, pas méchant mais pas futé, qui accumule gaffes et bons mots involontaires frappés du sceau d'une gentille niaiserie. Il nous fait marrer, sourire, on le brocarde volontiers mais on l'appelle affectueusement "p'tit con, va!". On le protège, on le défend contre plus con que lui, car c'est notre con à nous, notre fou du roi qui nous met sous le nez notre propre imbécillité. Nous ne le savons pas, lui non plus d'ailleurs, mais il est, à ce que nous pensons être notre intelligence, ce que Giminy Cricket était à la conscience de Pinochio.
A noter que la locution "Petit con" est parfois utilisée pour exprimer de façon bourrue une certaine tendresse inavouée.....
Il y a par opposition les cons qu'on ne choisit pas mais que l'on subit, les plus nombreux.
Tout d'abord le "pauvre con", locution popularisée en 2008 par Nicolas Sarkozy sous la forme moins élaborée, voire racaille, de "Casse toi, pôv' con" qui dénote un profond mépris pour l'interlocuteur, une volonté de le rabaisser encore plus par la connotation péjorative du mot "pauvre" qui souligne la grande pénurie intellectuelle du pauvre con.
Vient ensuite le "gros con", celui que non seulement on méprise, mais que l'on est pas loin de détester. Le "gros con" se caractérise par son manque de finesse absolu, souvent assimilé au gros beauf', d'une vulgarité mâtinée de méchanceté crasse. Le "gros con" vous pollue la vie, il bouche le paysage, il envahit tout tel un chancre monstrueux.
Vient enfin le "vieux con" qui cumule, aux yeux de celui qui prononce ces mots, deux tares irrémédiables : l'âge et la bêtise. C'est à mon sens la pire façon de se faire traiter de con, la pire façon d'être perçu. Des vieux on attend une certaine sagesse, à défaut de l'intelligence. Nos aînés représentent l'expérience, cette expérience qui affûte l'esprit, une connaissance des choses qui affine le jugement et amène à une certaine clémence.
Hé bien non ! le "vieux con" est probablement le pire de tous, rance dans sa bêtise, inquiétant aussi car on en vient à craindre de lui ressembler un jour. Pour le vieux con, point de rédemption ! Con il restera car il n'a plus le temps d'évoluer.
Si... en pire parfois.
Mais qu'il s'agisse du pauvre con, du gros con ou du vieux con, tous trois ont au moins une utilité : on se dit en les voyant que finalement on s'en sort bien. Mieux ! la terreur de leur ressembler un jour nous pousse à faire des efforts pour éviter un tel marasme !
Voilà à quoi mon esprit songe quand il ne trouve pas le repos.
Et en vérité mes bien chers frères,mes bien chères sœurs, en vérité je vous le dis ! tout comme Dieu, le con est partout, respectons-le... un peu !