Rendez-vous était donc pris pour une réunion d'information pour des postes de "commerciaux" à pourvoir dans le domaine du bien-être.
Nous sommes une douzaine à attendre l'intervenant. C'est un peu crispé comme chaque fois qu'il est question de son propre avenir mais les langues se délient, l'ambiance se fait plus détendue.
Et il apert rapidement que nous déplorons tous le flou artistique qui a présidé aux contacts téléphoniques. Mais nous sommes tous, à différents degrés, dans une situation qui exige d'explorer toutes les pistes.
Le topo commence avec une description idyllique du produit à vendre, accompagnée d'une description tout aussi idyllique : on n'est pas la pour vendre mais "accompagner" nos futurs clients. Toujours rien sur les marques, la descirtion exacte du produit. Par contre, voilà un poste qui ne présente presque que des avantages : on travaille à son rythme, de chez soi éventuellement et si on "est bon, [on] se génère un revenu minimum de 1.500 €/mois".Net, ça va de soi !
Le jeune homme à côté de moi me met un petit coup de coude et me murmure "Doit y avoir un loup". Et comment !
Ce n'est plus un loup : c'est la Bête du Gévaudan".
"Vous connaissez tous le statut d'auto-entrepreneur ?"
La voilà l'arnaque, superbe, énorme !
Et totalement illégale !
Si on veut bosser on crée sa propre entreprise (le rêve), on achète ses stocks (tant pis si ils restent sur les bras), on paie ses propres charges et le risque permanent de se retrouver gros Jean comme devant.
Pour l'intervenant (dont on ne connaîtra que le prénom) c'est tout bénef : pas de charges, pas de salaires, aucun remboursement des frais (déplacements, etc) et risque zéro.
Nous sommes quatre (environ un tiers) à protester vivement et rapidement nous passons pour des frileux sans ambition, pire : pour des fénéants qui ne veulent pas mouiller la chemise.
Le ton est devenu agressif, et nettement moins correct.
Tandis que nous nous levons, il nous jette "Pour y arriver dans la vie, il faut savoir ce que l'on veut!"
Là c'est trop, vraiment trop et avant de partir je lui lance : "Ce n'est pas parceque je dis "j'aime le sexe" que ça signifie que j'aime me faire enc...".
Nous sommes écoeurés, démoralisés.
La fragilité de certains aiguise les appétits des autres