Fallait pas l'inviter
Déjà le vocable "Contrat d'Utilité sociale" est haïssable, il porte atteinte à la dignité de ceux qui chaque jour se battent pour survivre avec 450 € / mois (pour une personne seule).
Payer un loyer,, entretenir un véhicule, manger, payer l'électricté, le gaz... c'est déjà une gageure pour un salarié. Alors avec le RSA...
Aussi est-il indécent, insultant pour la majorité des bénéficiaires de cette allocation qui les empêche juste de ne pas crever tout à fait que d'employer cette expression !
J'ai été surprise que les journalistes n'aient pas relevé, eux si prompts à chercher la petite bête.
Contrat d'Utilité publique. C'est dit, clairement, à moins qu'on ait changé le sens de la langue française durant mon sommeil : les bénéficiaires du RSA sont inutiles à la société. Pire, ils lui coûtent cher, ce sont des fainéants payés à rien foutre.
Qu'importe si nombre d'entre eux se bougent pour rechercher un emploi, un vrai, frappant à des portes qu'on leur claque au nez. L'essentiel est de stigmatiser cette population précaire afin de faire oublier que la crise n'explique pas tout, que la politique mise en place depuis des années n'a jamais visé à préserver le bassin d'emplois mais permettre aux sociétés de verser toujours plus de dividendes aux actionnaires grâce à un dumping social qui, au lieu de tirer l'humain vers le haut, nivelle tout le monde vers le bas.
Après la lutte des classes, la guerre des castes : les bénéficiaires de stock options, les milliairdaires qui savent user de toutes les ficelles pour que l'on entame pas leur magot, les spéculateurs qui mettent à genoux un pays pour mieux en racheter les dépouilles et de l'autre côté ceux à qui ont fait fermer leur gueule en les baillonnant avec la peur du chômage (qui de toute façon arrivera) et à qui ont jette en pâture ces salauds d'assister qui vivent mieux qu'eux.
Aménager de nouvelles règles pour que les riches soient à l'abri tandis qu'on en instaure de nouvelles pour favoriser le développement d'un sous-prolétariat qui aura le droit de se taire ou crever !
D'un côté on vire par charrettes les employés territoriaux par mesure d'économie budgétaire, on dégraisse drastiquement l'administration, l'Education au risque de nous ravaler aux tréfonds du classement des pays performants, de l'autre on instaure la main d'oeuvre bon marché, sous payée et corvéable.
Car il faut être passablement crédule, naïf, voire con, pour croire que ces travaux d'utilité sociale seront rémunérés correctement.
En quoi le petit boulot (ou sous-emploi) précaire revalorisera-t-il le travailleur ? Mais ce genre de mesure électoraliste et racoleuse est plus facile à mettre en place qu'une politique volontariste de la revalorisation du travail et des salaires.
On aimerait que ce gouvernement mette la même énergie à exiger de ceux à qui il a octroyé des cadeaux qui ont coûté bonbon à l'Etat (TVA des restaurateurs, suppression de la taxe professiionnelle) qu'il y ait bien un retour d'investissmement par la création ou au moins le maintien des emplois. Ce n'est pas le cas.
Le XIXème siècle est en marche, merci not'e bon maître ! Et pardon les enfants de vous laisser un monde dans cet état mais on a pas assuré sur ce coup là, on avait le crédit à payer !