Fallait pas l'inviter
Le 30 juillet 2010, en déplacement à Grenoble secoué par les émeutes, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours qui devrait faire froid dans le dos des Français attachés aux valeurs républicaines de notre pays :
Qu'il faille traiter ces problèmes avec fermeté, nul ne peut le nier à moins d'être inconscient.
Il eût été plus avisé de faire en sorte que l'on n'en arrive pas là. Là ? où ça ?
A ce type de discours d'une part. Discours irresponsable de la part d'un homme dont le rôle est de garantir l'unité de la nation.
Nicolas Sarkozy remet en cause la définition même de la citoyenneté en créant une catégorie de citoyens de "deuxième zone", ceux issus de l'immigration.
Mais sur quels critères va-t-on dans ce pays définir le "degré de citoyenneté" ? En prenant exemple sur les lois de Nuremberg ou de Vichy ?
Le Français d'origine solognote ou auvergnate qui jette un coktail molotov sur un car de flics sera-t-il déchu de sa nationnalité ? Le vigneron qui tire à coup de chevrotine sur un Inspecteur du Travail, mandaté par le Ministère du Travail pour constater l'emploi de travailleurs clandestins, sera-t-il déchu de sa nationalité ? Bien évidemment non. Il sera condamné, peut-être, avec sursis.
La France oublierait-elle ces cargots d'immigrés, venant de pays d'Afrique alors français, que les industriels et le gouvernement laissaient entrer pour répondre aux besoins de notre économie ? Travailleurs sous-payés, souvent mal logés mais si souples.
Aujourd'hui leurs descendants seraient donc des citoyens de 2ème ou 3ème zone?
Bien sur ces violences sont totalement inadmissibles mais est-il admissible de constater sur place, dans ces cités-ghettos, le désengagement des pouvoirs publics en terme d'économie et d'infrastructures ? Enseignement de deuxième zone, politique scolaire creusant les écarts entre les zones scolaires, déshumanisation du cadre de vie... durant des années on a laissé pourrir volontairement la situation et aujourd'hui on répond par la répression à tout va.
Au risque de jeter à bas la notion de citoyen. L'amalgam immonde entre roms, tsiganes, gens du voyage et immigrés montre le cap que notre nation a franchi dans la dérive idéologique.
Ces idées, dignes d'un autre âge qu'on aurait voulu croire révolu, se répendent en une fange puante, une marée noire qu'un irresponsable politique laisse se déverser pour masquer le naufrage de sa politique.
On peut cependant lui reconnaître une vraie réussite : il a mis la grandeur de notre pays à son échelle, juste au dessus de ses talonnettes.