Fallait pas l'inviter
Grande opération médiatique donc avec les visites des appartements d'Estrosi, à Bercy et dans le VIIème. Clip même pas digne d'une agence immobilière où on nous présente les lieux.
La politique au ras de la moquette, au nom de la transparence.
Est-ce là la nouvelle conception de la transparence que d'exhiber la salle de bains de fifille ou le plumard du papa ?
Est-ce là de la politique que de donner dans la TV "réalité" un peu voyeuriste quand même ?
"Autres temps, autres moeurs" me dira-t-on.
Depuis quelques années, le politique se met en image avec une complaisance et une arrogance nouvelles.
Rappelez-vous les fausses pompes à carburant vert, montées et démontées comme de vulgaires décors de ciné pour une "visite" totalement bidonnée du ministre Thierry Breton ?
Et le fantastique "Retour de Cécilia" ? ou encore "Sarkozix et Cléopatre" où Carla Bruni remplace Laetita Casta. et Sarkozy son pote Clavier ?
Aujourd'hui c'est "Viens chez moi j'habite chez une copine'.
Cohue de journalistes complces de propagande pour faire admirer au bon peuple le modeste logement du ministre, qui veut faire croire qu'il vit vraiment comme la famille Michu.
Outre le fait qu'on nous prend vraiment pour des cons, ce qui m'inquiète c'est que ça marche.
Désormais la masse des électeurs s'est transformée en voyeurs, en éponge audiovisuelle.
Une image succède à l'autre vite, très vite pour que surtout le spectateur n'ait pas le temps de faire un arrêt sur image et réfléchir à ce qu'on lui montre. Ce kaléidoscope hypnotique a pris le pas sur l'information, la vraie.
On réagit à chaud, 3 minutes et hop ! on passe à autre chose. Vite ! Vite ! Vite !
Ne pas laisser à l'électeur, ce pauvre crétin qui ne comprend rien à la haute politique, le temps de réfléchir, de se poser les vraies questions sur les vraies solutions à apporter à de vrais problèmes.
Exhibition, escamotage, mise en scène, effets spéciaux et trucages : on en prend plein les mirettes et on oublie l'analyse. On avale, on gobe et on recrache dans l'isoloir.
Et si la transparence était la publication annuelle des sommes allouées aux hauts fonctionnaires de l'Etat ? Et si c'était la mise en place d'une vraie commission des Finances qui contrôlerait ce gouffre à pognon qui serait mieux utilisé dans des caisses de retraite ou dans l'éducation ?
Transparence, mon cul !