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Fallait pas l'inviter

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La famille tuyaux de poêle

Plinett m'a fait remarqué que ce n'était très clair. Je veux bien la croire car même pour moi, ce ne le fut pas pendant longtemps.
Le mensonge permanent était le "ciment" de cette délicieuse famille que nous formions et je finirai mes jours sans avoir réussi à éclairer certaines parties.
Frustrant.

Je suis née de Jeannette, fille de Jean et Mado.
Géniteur ? Inconnu.

Maman avait un vrai problème avec sa libido, un problème qu'elle ne gérait pas, la petite fille que j'étais en fut hélas témoin. Ainsi donc, un jour d'égarement se laissa-t-elle aller dans les bras d'un Malgache (ça je ne le sus qu'à mes 13 ans).
Elle avait à peine 19 ans, étudiante, quand elle me mit au monde. Je ne pense pas que ce fut le plus beau jour de sa vie, en tout cas elle n'en montra jamais rien.

Heureusement pour moi, Jean et Mado, mes grands parents maternels, furent eux fous de bonheur. Ma Grand-Mère ayant de graves problèmes d'alcool, quitta Madagascar pour rentrer en France avec ma Taty.
Je vécus 3 ou 4 ans d'un absolu bonheur avec mon Pépé. J'étais une infâme petite merdeuse gâtée et capricieuse. Mon Pépé m'adulait, je l'adorais. J'adorais aussi la bonne, ma douce Paulette que je tyrannisais pour le plaisir de me faire pardonner à gros coups de baisers. Le cuisinier subissait avec de grands rires mes caprices de sale gosse mais j'ai le souvenir de grandes courses dans les jardins de la popotte, de gâteaux qu'il faisait rien que pour moi et des gros câlins pour apaiser ma terreur des caméléons.

Je voyais ma mère de loin en loin. Image furtive qui traversait mon regard d'enfant. Une invitée, de marque certes, mais juste de passage. Je préfèrais donner mon amour à ma vénérée Paulette qui elle était toujours là avec son sourire d'amour. Je ne l'ai jamais dit mais Paulette était (est toujours) ma mère d'amour.
Un jour à Tana, ma mère m'emmena à la piscine (réservée aux blancs, il va de soi) et me présenta celui que j'appelle encore papa. Beau militaire, il l'avait séduite facilement. Longtemps je crus que c'était vraiment mon papa.

Nous rentrâmes en France fin 1962, il se marièrent et eurent un enfant 7 mois plus tard. La raison du mariage en fait, avec en prime le plaisir de mon père (il m'a reconnue) à faire chier sa propre mère en ramenant une métèque dans ses bagages : moi.
La tache sur les armoireries fictives de cette vieille bique raciste.
A présent j'étais dans une vraie famille avec un papa, une maman, un Pépé, une Mémé, un papy, une mamy et un petit frère blond comme les blés. Je sus plus tard que le vrai papy, Belge, était décédé mais qu'il avait fuit loin de sa mégère bien avant.
Je ne me rappelle plus les instants avec ma mère.

Ma mère décèda en 66 ou 67. Sais plus. En novembre, ça oui, sure, le 1er ou le 2.
En décembre, à Noël, mon père décida de nous présenter "une amie", Odette. Je refusai de la voir. Ce n'était plus un caprice. C'était une vraie colère, une fureur devant ce que je ne comprenais pas vraiment mais entrevoyais avec les antennes qu'ont les enfants : mon père avait trompé ma mère et baffouait sa mémoire. Bien évidemment, plus tard, les deux jurèrent leurs grands dieux qu'ils n'étaient alors que des amis et qu'elle n'était là que pour aider mon père à surmonter l'épreuve de son deuil. Appelez-moi con pendant que vous y êtes !
Je ne revis mon Pépé et ma Mémé qu'une fois avant de quitter ce nid de crabes. Je revis mon grand'père après, ma grand'mère est "partie" avant mon bac. Taty nous rendais visite de temps en temps, tata gâteau si douce, si rare.

Mon père nous fourga vite fait à ses parents. Il n'a jamais aimé les excédents de bagages. Il avait son deuil à faire quoi, merde !
Il épousa son Odette, en cloque, Ma soeur naquit fin 1971 (heu... je crois)
Mon frère et moi assistâmes au mariage. Ce jour là j'eus la conviction absolue que mon père avait épousé une super pétasse. Je ne savais pas à quel point.
Nous revînmes vivre de temps à autres avec eux et ma soeur. Un an et demi par-ci, deux ans par-là, jamais au même endroit. Ce fut pendant une de ces périodes qu'Odette fit ses valises, prit sa fille sous le bras et vogua vers d'autres cieux. Ouf!
La maîtresse de mon père vint vivre à la maison. Elle était chouette.
Mon père nous envoya en vacances chez mes grands-parents (les faux). Trois ans de vacances ! Mon père aime voyager léger. Je ne devais plus rien retrouver de mon enfance et de mon adolescence. Il s'était fait de la tune en vendant ma collection de timbres commencée par mon Pépé, jeté tous mes livres, mes poèmes et dessins Son ex-femme, elle, avait fourgué les pièces rares et bijoux que nos grands parents avaient mis de côté pour nous (y compris ceux de sa fille).

Je quittais cette famille la valise et le coeur légers.
Mais l'héritage familial allait impacter sur toute ma vie. J'allais bientôt le savoir.

Résumé :

Mon père légal n'est pas mon géniteur.
Mon frère légal est mon 1/2 frère génétique.
Ma 1/2 soeur légale n'a aucun lien génétique avec moi mais est la 1/2 soeur de mon 1/2 frère génétique.

Simple, finalement.

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