Fallait pas l'inviter
Si vous suivez Les Chroniques de Minuit, vous aurez pu voir que notre petite famille s'agrandit. Un peu trop vite à mon goût, d'ailleurs.
Non que je n'aime pas les Bêtes, bien au contraire, mais à l'impossible nul n'est tenu.
Or depuis que je suis arrivée en Mayenne, je semble être l'objet de toutes les sollicitudes des chats errants du quartier.
Lâchement je comptais sur ce fier à bras de Minuit pour faire ce que tout chien digne de ce nom ferait : protéger son territoire et faire mine de détester les greffiers. Je t'en fous !
Môssieu Minuit a décidé tout seul sans m'en parler d'adopter des chats, jouant les grands frères : sûrement un complexe d'Oreste (c'est nouveau, ça vient de sortir).
Je ne suis bien évidemment pas en rogne contre mon chienchien mais contre les têtes de noeud qui s'imaginent que prendre un animal c'est acheter une peluche qu'on pose là et basta.
A cause de ces trouducs patentés, la petite chatte angora s'est fait tuée, des hordes de chatons errent de les rues le temps qu'on leur roule dessus. Et d'autres, plus chanceux essayent de se faire nourrir ici et là, chapardant ce qu'on ne leur donne pas.
Mais bordel de dieu ! un chien aurait-il donc plus de coeur que l'Homme ?
Je n'en ai jamais été aussi convaincue !
Avant de devenir Globule, notre nouveau compagnon était la "propriété" d'une voisine. J'avoue avoir une folle envie d'aller lui coller un bourre-pif à cette gente demoiselle ! L'angora blanche était aussi sa chatte (pas celle dont elle s'occupait le plus au demeurant
. Ooops!). Une morte, un crève la faim ! Beau bilan ! Globule était si maigre que je pouvais lui compter chaque vertèbre !
Vous pensez bien que ces malheureux ne sont pas vaccinés, encore moins stérilisés. Du coup ils prolifèrent dans une totale indifférence, envahissent les maisons, volent et griffent car ils sont à moitié sauvages.
A titre d'exemple, sur les 4 chatons d'une chatte abandonnée par les anciens locataires, un seul a survécu. Heureusement, en un sens, mais quelle triste destinée on réserve à ces petites bêtes ! Du coup ce petit survivant est nourri pas votre servante et il trouve ici un coussin pour récupérer de ses folles escapades.
Il (ou elle ?) semble vouloir prendre ses quartiers dans notre maison. Il se laisse désormais approcher, lécher par Minuit (parfois!) et même caresser mais c'est rare. Et quel joie d'être gratifiée d'un ronronnement d'Airbus !
Mais voilà, pas plus que ses maîtres précédents je n'ai les moyens de faire le nécessaire. Car ça coûte bonbon tout ça et les moyens ne sont pas au rendez-vous.
Ce qui me fous les boules c'est qu'il faut que je trouve des solutions pour pallier à la connerie et à l'égoïsme de ces jean-foutre !
Mon amie Chantalou pèse de toutes ses forces sur les leviers associatifs pour que ces petites bêtes aient enfin un vrai avenir.
Et c'est bien le noeud du problème !
Les associations animales sont nombreuses, ou même les simples particuliers qui tels Chantal, Tatarinette, Nays ou Rony (entres autres) se battent comme des lions pour nos compagnons à 4 pattes mais je trouve justement inadmissible que tant d'associations ou passionnés se trouvent obligés de compenser l'inconscience d'autres.
L'animal a un rôle social, voire thérapeuthique, il est souvent le seul lien de certains avec le sentiment. Il a aussi un rôle dans le ralentissement de la maladie d'Alzheimer. Et j'en passe.
Qu'attendent les pouvoirs publics pour enfin se décider à vraiment lui accorder un statut ? (hum... c'est vrai que vu comment on traite l'humain, on se dit que c'est mal barré !).
Au lieu de fayotter en offrant des bavoirs au rejeton élyséen qui bouffe avec notre pognon, offrez des doses de vaccins aux assoces animales ! c'est plus utile ! (okay ! c'est limite mais àa me titillais !)
Ô certes, j'entends déjà quelque fâcheux me ressortir mon argument "Quand on n'a pas les moyens on ne prend pas de bêtes ! ". Je n'en disconviens pas mais ai-je le droit de les laisser crever la dalle ? ai le doit d'attendre de ramasser leur dépouille dans la rue ? Ai-je le droit devant leurs pleurs et leurs yeux attentifs de leur dire "casse-toi" ?
Si quelqu'un a la bonne réponse, j'en serai ravie !
Mais en attendant, je les nourris de croquettes et d'amour.
Une peite oasis de paix dans leur vie de merde.