Alors que le débat sur l'identité nationale fait rage et met à jour les résurgences d'un nationalisme qui s'exacerbe, le résultat de la votation suisse à propos des minarets vient polluer un débat qui aurait du nous grandir et qui risque fort de mettre à jour les stigmates d'une peste idéologique : l'islamophobie.
Ce qui n'était qu'une question architecturale dans un pays voisin est devenue un débât "d'idées" qui s'étale (se répend plutôt) comme une marée noire, nauséabonde. D'une guerre de clochers on arrive à une "guerre" de religions et par phénomène "bande de billard" une résurgence de la ratonnade verbale.
Ce que j'ai pu lire au fil de la Toile fait froid dans le dos.
Alors que les moyens de s'informer se sont multipliés et vulgarisés, alors que la fenêtre sur le Monde s'est élargie, les esprits semblent au contraire s'étriquer.
Les amalgames entre islamistes et intégristes, la peur du muezzin qui appelle au Jihad sous nos fenêtres, le déferlement de hordes barbues sur nos bonnes terres chrétiennes : voilà ce qui apparaît sur le Net.
Nous étions un peuple que le monde admirait pour son ouverture philosophique et culturelle, nous étions un peuple cité en exemple pour son modèle de république, au même titre que Marc Aurèle. Aujourd'hui nous sommes une foule qui régurgite les poncifs assénés par des media subjectifs, nous résonnons sans raisonner.
Je crains le jour où nous serons rattrapés par l'écho de notre haine : l'ignorance amplifie le son.
"Toutes les fois que la tyrannie s'efforce de soumettre la masse d'un peuple à la volonté d'une de ses portions, elle compte parmi ses moyens les préjugés et l'ignorance de ses victimes." Marquis de Condorcet