Fallait pas l'inviter
Le plus abruti des électeurs devait se douter que le petit Wauquiez n'avait pas pris tout seul l'initiavtive de ses déclarations. Sous le tsar Kozy, ce n'est guère prudent à moins d'avoir l'accord tacite du président.
Si ces déclarations ont été fustigée par les ténors de la majorité tels que Fillon ou Juppé, voire notre Roselyne nationale " c'est un débat de comptoir, une beauf atitude", d'autres se montrent plus timorés, voire carrément consensuels.
Michèle Alliot Marie, qui ne mélange pas assistanat et voyages aux frais de la princesse, comprend les réserves de ses petits camarades encore teintés de gaullisme social mais résume ce qui risque d'être le fil rouge de la campagne :
"Ce que dit Laurent, c'est ce que disent nos électeurs".
Peut-être aurait-elle du préciser quelle frange de l'électorat UMP car je vois croire qu'il y a encore parmi eux des hommes attachés aux valeurs humaines et républicaines. Mais il semble que la campagne à venir visera à flatter l'aile droite-toute de l'UMP et une partie de l'électorat FN.
Patrick Buisson dont le pédigree ne laisse aucun doute quant à son goût prononcé pour la droite la plus extrême, et l'ineffable Brice Hortefeux, conseillers du président, poussent celui-ci (mais est-il besoin de le pousser ?) vers une radicalisation du discours. Foin des velléités droit-de-l'hommiste ! la barre est mise à droite toute.
Je vous livre les propos d'Hortefeux, rapportés par le Canard du 11 mai.
Je les trouve indécents, et pour tout dire éminemmennt dangereux pour la stabilité de notre pays et la vie des citoyens :
"... Ceux qui à l'UMP sont dans une posture morale seront balayés par les électeurs, qui en ont assez de nis pudeurs excessives et des leçons de morale. Ne vous trompez pas : cette vague (vers le FN), ou on la contrôle et l'accompagne, ou elle nous engloutit... Bien sur que la présidentielle est gagnable. A condition de proposer des mesures que le Front national hésite à mettre en avant".
Goebbels n'aurait pas dit mieux ! ça pue !
Et c'est terrifiant ! Les débats sur la burqua, sur la laïcité (heu, je veux dire le débat sur l'islam, sur l'identité nationale, les déclarations anti Roms, anti musulmans... dès lors où un pouvoir légitimise l'inacceptable il est à redouter les élans d'un peuple mouton de Panurge qui, au détriment de toute réflexion, de toute fierté humaine, nationale aussi, suit aveuglément les fauteurs de haine.
Tout pouvoir s'appuyant sur de telles idées, les légitimant, ne le fait pas pour le bien du peuple mais pour la sauvegarde de son pouvoir, de sa mainmise sur l'appareil d'Etat. Et le peuple dont il feint d'entendre la voix porte rapidement une muselière.
A vouloir aborder l'avenir avec une idéologie du passé, c'est Marianne qu'on sodomise !