Fallait pas l'inviter
Je le dirai tout net, cette équipe là est le miroir peu flatteur de notre société et de sa gouvernance.
Elle la démonstration "éclatante" de l'échec, de la faillite d'un système que l'on continue cependant à appliquer aux plus hautes instances et je trouve assez lâche et assez vil aujourd'hui de faire de ces 23 garçons les boucs émissaires de notre débâcle qui dépasse largement les frontières du sport.
L'équipe française de foot est le miroir de notre société disais-je mais, bien involontairement, elle reflète aussi une autre équipe qui lui ressemble beaucoup et qui totalise bien moins de victoires : l'équipe du gouvernement.
Deux équipes surpayées, quelques soient les résultats. Deux équipes menées par des hommes mégalos et méprisants de tout ce qui n'est pas eux. Deux équipes accumulant les casseroles sans aucune transparence, deux équipes qui ont depuis longtemps oublié les règles du jeu collectif. Deux équipes composées de joueurs à l'égo bien plus développé que leurs réelles compétences... les points de comparaison sont hélas nombreux.
Ceux qui furent des mômes de banlieue pour la plupart ont été pourris par le fric et semblent bien plus concernés par leurs recettes publicitaires que par la feuille de match.
Leur en faire endosser seuls la responsabilité est d'une formidable indécence : les ministres de tutelle qui se sont succédés, les instances de la FIFA, les patrons de chaïnes et nous, simple public, avons il n'y a pas si longtemps, préféré fermer les yeux et espéré qu'ils allaient titiller notre chauvinisme. oui oui, je dis bien chauvinisme car contrairement à ce que nous martèle la propagande officielle d'Etat, le patriotisme a peu à voir là-dedans, à moins que ce concept ait été vidé de toute grandeur.
Déçu par cette rapide et mesquine défaite, le pouvoir qui espérait que ces jeux du cirque allaient détourner l'attention des français des dossiers brûlants (la retraite, le déremboursement de certains médicaments, le dossier Bettencourt et j'en passe) en fait des tonnes, ne craignant pas le ridicule. (voir vidéo) Ce qui n'est somme toute rien d'autre qu'une défaite sportive est montée en affaire d'état et ces joueurs, qui ne sont rien d'autre qu'une équipe sportive sont mis au pilori pour pour avoir "terni l'image de la France".
Sainte Roselyne Bachelot, l'oeil exorbité, extatique, c'est rien moins que Jésus chez les Philistins ! Et le mot "inacceptable" de Tsarkozy est tombé comme un couperet, repris en choeur par les godillots d'une majorité qui a elle depuis longtemps mélangé "grandeur de la France" et "grandeur de leurs intérêts" (comme l'équipe des Bleus?).
Une commission parlementaire devrait s'occuper de l'affaire, car cette bien là une affaire d'état autrement plus grave que les conflits d'intérêts de Woerth, l'affaire Balladur, ou encore les problèmes de logements des membres du gouvernement...
358 SDF morts cet hiver, les "casse toi pôv' con", les plaisanteries au Massif des Glières lors de ll'hommage au Résistants, la politique de charters, ça, par contre ça ne fait que relever notre image à l'international !
Un peu de décence que diable ! Que nos politiques mettent autant d'implication à s'occuper du problèmes des malheureux Varois ou Charentais, démunis et blessés dans leur chair et leur esprit !
Tient, j'ai une suggestion : demander à la FIFA d'injecter l'argent initialement prévu pour les joueurs en cas de victoire dans la remise en état d'infrastructures sportives en zone sinistrée ou défavorisée. Ça, ça redorerait peut-être notre image.
En attendant que l'équipe gouvernementale retourne aux vestiaires, je souhaite que le sport reprenne ses droits et que chacun fasse son boulot.
Les vaches seront bien gardées et les plumes du coq retrouveraient peut-être un peu de lustre.