Fallait pas l'inviter
La première surprise de ces primaires fut la qualité des débats entre les candidats à la candidature présidentielle. Le 1er fut il est vrai plutôt laudatif mais les deux suivants ont démontré que les socialistes pouvaient débattre sans s'entretuer, échanger leurs différence sans s'étriper.
Alors que d'aucun les attendait sur ce terrain, à juste titre tant ils avaient été pitoyables en 2007 par un flinguage en règle de leur propre candidate sous l'impulsion de ce cher DSK, et ils ont su éviter l'écueil. La question à mon avis est "pour combien de temps ?". Les petites phrases assassines de Martine Aubry devront rester sous son mouchoir si le PS veut assurer son crédit actuel.
La deuxème surprise vient de l'organisation.
Elle devait être irréprochable et il semble que ce soit le cas, si on excepte la polémique sur les votes outre-atlantique.Le PS ne pouvait se permettre ne fût-ce qu'une ombre de soupçon de triche, comme au congrès de Reims. Ce scrutin a été entouré d'un maximum de précautions sous la surveillance de la CNIL entre autres. Bien que surpris par l'affluence, les bureaux de vote ont pu accueillir sans incident majeur les sympathisants et... autres.
Enfin autre surprise, qui démontre le malaise de l'électorat sarkozyste, le taux de participation dans des fiefs de la droite, dont Neuilly sur Seine où des électeurs de l'ancien maire et actuel président sont venus voter. "Il n'a pas la stature d'un président". dans ces bastions de l'UMP, les socialistes eux-mêmes sont surpris.
Et il y a fort à parier que les dirigeants de l'UMP le soient aussi...
Car ce n'est pas bon signe à 6 mois du scrutin présidentiel.
Sarko n'a pas seulement "tué le métier" de monistre de l'Intérieur, il a aussi tué une idée dela démocratie au sein même de son propre électorat. Ainsi que le persifflait le 1er ministre envers Eva Joly, il semble qu'à l'instar de celle-ci le président n'ait pas une "bonne connaissance" de l'histoire de France.
Malgré nos errements historiques, nous sommes profondément attachés à une certaine image de la France et à notre système démocratique (petit rappel pour ceux qui comme moi n'ont pas fait de grec demos : peuple, cratos : pouvoir) et qu'on en soit sympathisant ou pas, il faut reconnaître que le PS vient d'en donner une belle leçon face à un parti où le processus démocratique, y compris dans sa gouvernance, est passablement mis à mal.
Les candidats PS ont offert une bouffée de civisme et ont montré que les français ne se sont pas détournés de la politique mais de ceux qui l'a font... subir. Même l'UMP reconnait le succès de l'opération et l'idée d'une primaire en 2017 fait son chemin.
Reste aujourd'hui pour le PS de ne pas décevoir en retournant à ses vieux démons. Après un quinqennat de désillusions en tout genre, de luttes d'ego, il lui faut transformer ce premier essai et démontrer qu'il peut présenter une réelle alternative, responsable et transparente, à un pouvoir qui démontre au quotidien son incapacité à répondre aux problèmes de la Nation.