Fallait pas l'inviter
Entre petites affaires, grandes affaires et comportement de certains membres de ses gouvernements successifs, l'image de Sarkozy en cette fin de règne est considérablement entachée.
Même si le président veut apparaître comme étant au-dessus de la mêlée, la succession de comportements "reprochables" de nombre de ses proches et les rumeurs sur son implication directe dans certaines affaires (Bettencourt, Karachi...) fragilisent sa position et le discréditent chaque jour un peu plus au yeux de l'opinion publique.
La période de l'enfumage des blaireaux est terminée et on ne peut plus parler d'état de grâce après ces quatre ans et demi de révélations et petites phrases. Même certains démentis élyséens génèrent une suspicion, quand ce n'est pas une conviction, quant aux moeurs et au fonctionnement du pouvoir actuel.
De l'utilisation de la flotte aérienne gouvernementale par Fillon pour ses week-ends en famille qui coûtent bonbon aux con-tribuables, de l'affaire des cigares en passant par l'affaire MAM, déjà ces affaires, quasi anecdotiques au regard des trois affaires qui occupent actuellement les media, rendaient caduque l'irréprochabilité de l'Etat.
Plus sérieuses sont les affaires en cours ! Petit inventaire à la Prévert :
- l'affaire Clearstream : épilogue d'une haine entre deux hommes du président Chirac, elle a mis en lumière un trait de caractère du petit tsar qui à ce niveau de pouvoir ne manque pas d'être inquiètant et peu compatible avec notre démocratie. Ses ennemis, il les "tue". Durant cette affaire aussi rocambolesque que nauséabonde, fi de l'indépendance du Parquet ! Le pouvoir parle, les juges obéissent !
- l'affaire Woerth-Bettencourt. Financement pas très net, petits arrangements entre amis, prise d'intérêt, vente de biens sous évalués, trafic d'influence et mensonges. Que du propre, de l'irréprochable, du moral de haute volée. Le nom du président apparait puis disparait pour revenir en force ses deux dernières semaines avec la juge Prévost-Desprez et surtout les dernières déclarations de l'ex-comptable de Bettencourt, Claire Tribout.
- l'affaire Karachi : entre commissions occultes, financement politique de la campagne Ballamou 1995, valises de pognon et pieds nickelés du 1er cercle présidentiel, cette affaire est le clou sur le cercueil de la probité candide dont tentait de se parer Sarko. Même la lecture du communiqué de l'Elysée montre que le secret de l'instruction est foulée aux pieds par le pouvoir qui doit en être le garant. Un aveu involontaire qui met en lumière le mode de gouvernance sarkozyste.
Et que dire devant l'incroyable épisode Hortefeux, ex(ministre de l'Intérieur qui n'ignore rien des écoutes téléphoniques !) Lors d'un entretien téléphonique avec Thierry Gaubert, l'indéfectible ami du président en dit trop, en tout cas suffisamment pour que toute cette affaire si mal démentie devienne vachement concrète et embarrassante pour Nico la Morale.
Il n'y a guère d'illusions à se faire sur la moralité des politiques et l'affaire Guerini montre que la gauche n'a en rien failli.
Mais rarement dans l'histoire de la Vème république, un président aura vu son nom accolé aussi fréquemment à des scandales aussi graves qui touchent des [très] proches.
Ces affaires affaiblissent le pouvoir et sa crédibilité tant à l'interieur qu'à l'extérieur de notre pays. Elles sont l'expression d'une morgue et d'un mépris des lois inacceptables dans un pays de droit !
Alors qu'un mec condamné illico presto pour vol sans violence se retrouve bien en peine à retrouver un job à sa sortie de prison, il me parait indécent de renouveler le CDD de ces racailles en costard !
(Facelly/Sipa pour le Parisien)